EGLISES ET CHAPELLES A ST-MAURICE-LES-COUCHES  

 

EGLISES ET CHAPELLES A SAINT-MAURICE-LES-COUCHES

 

 

Après la morne traversée du plateau d’Antully, la voie antique de Chalon à Autun, qui n’est ici que l’adaptation de l’axe éduen de la Saône à la Loire par Bibracte, s’engageait sur une crête assez étroite entre le vallon de la Vielle de Couches et celui de la Vielle de Dracy ; le cours de cette dernière est très encaissé dans une gorge, au bord de laquelle s’étirent aujourd’hui les villages de Bouhy, Corcelles et Marché, qui constituent la commune de Saint-Maurice-les Couches mais qui, sous l’Ancien Régime, étaient compris, ainsi que le village de Dracy-les-Couches, dans la grande paroisse de Couches. Entre la croix de la Maladière, au bord du plateau, et celle de Nion, avant le passage de la Dheune, la voie emprunte donc cet admirable promontoire naturel incliné vers la vallée, sous la triple vigilance, « du côté de bize » comme disent les anciens documents, des trois monts de Sène, Rome-Château et Rème, avant d’aller, vers l’orient, s’épuiser à escalader le dernier gradin de la Côte chalonnaise, rempart derrière lequel se cache encore invisible la plaine de Saône.

 

 

L’EGLISE SUR LA COLLINE

 

Passée la croix du « Pavé de Dracy », apparaît à main gauche de la voie, quand on vient d’Autun, un bouquet de résineux, repère bien aisé dans ce pays de vignes, de friches et de pâtures. La carte de l’I.G.N. indique : « Saint-Maurice, église ruinée » ; la visite du site révèle l’existence d’un pan de mur debout parmi les vestiges d’un vieux cimetière où quelques tombes abandonnées  émergent des broussailles; alentour, les archéologues ont trouvé des débris de céramique et des monnaies, signe d’une occupation gallo-romaine.

 

Cette église, dépendant de la paroisse de Couches, servait aux communautés de Dracy et de Bouhy, principal hameau de l’actuelle commune de Saint-Maurice. Une visite pastorale de 1672 nous apprend que l’autel principal, consacré à saint Maurice, est encadré par deux autels, l’un dédié à la Vierge, l’autre à saint Hubert ; que l’église est mal pavée ; qu’elle accueille 300 communiants ; que le cimetière n’est pas clos [Archives départementales de S&L. G 917]. Par ailleurs, une note manuscrite de J.G. Bulliot, recopiée par C. Boëll, nous enseigne qu’église et cimetière étaient indivis entre les deux susdites communautés [Archives de la Société Eduenne d’Autun, M 55].

 

L’église fut vendue comme Bien national le 12 nivôse an VIII à Pierre Armand, marchand à Mâcon, « pour lui et ses amis » ; elle était composée d’une nef de 80 pieds de long sur 28 de large ; le clocher s’élevait probablement sur la croisée ou sur une travée de chœur que prolongeait une sacristie ; l’acte précise que « l’acquéreur […] aura un espace de terrain suffisant pour former un chemin d’entrée dans ladite église et ce vis-à-vis la porte d’entrée. » [A.D.S.L. Q 44]. Il ressort de ce document qu’en 1800 l’église n’est pas ruinée, mais qu’elle ne servira plus au culte ; une tibériade, représentée sur un plan-terrier de la seigneurie de Dracy en 1750 [Collection privée], permet de se faire une idée des dispositions architecturales extérieures de cette église qui n’est pas sans présenter quelques affinités d’allure avec celle de Saint-Gervais-sur-Couches : murs gouttereaux flanqués de contreforts, beffroi quadrangulaire avec toit en bâtière, mais ici absence de bas-côtés. En revanche, le cimetière sera utilisé jusqu’en 1879 par les communes de Saint-Maurice et de Dracy, et continuera d’être entretenu après cette date, avec adjudication de l’herbe [A.D.S.L. O 1936] ; l’Annuaire de Saône-et-Loire pour 1839 mentionne à son propos : « Dans un ermitage proche le village de Bouhy et joignant une petite chapelle qui existe encore, on a trouvé, placés en forme de croix, sur un squelette, un sabre et une épée, puis, à côté, un pistolet très curieux et une petite boîte en fer contenant plusieurs balles. » [Annuaire, 1839, p. 299] 

 

LA VIGNERONNE

 

La cloche de la vieille église de Saint-Maurice, qui n’était pas comprise dans la vente ainsi que l’ensemble du mobilier, a aussi son histoire. Selon les notes de C. Boëll, elle aurait été fondue en 1781, avait pour parrain le fils de la baronne de Couches, Antoine de La Magdeleine de Ragny, et pour marraine l’épouse du seigneur de Dracy, Marie-Anne de Grammont, née de Scorailles.

 

A la vente de l’église, la cloche étant sur le territoire dévolu à la commune de Saint-Maurice, elle fut remise par le préfet à la communauté des habitants de Bouhy, qui la fit suspendre à une charpente à l’extérieur de la chapelle du hameau ; en 1804, Mgr de Fontanges, évêque d’Autun, sans doute sous l’influence du marquis de Grammont, réclama cette cloche pour Dracy qui ne sera officiellement érigé en paroisse qu’en 1826 ; ordonné par arrêté préfectoral, l’enlèvement eut lieu avec l’intervention de la force armée, tant l’opposition des habitants de Bouhy paraissait déterminée (la série I des archives de la Société Eduenne conserve le mandat de l’indemnité accordée à un détachement de la légion piémontaise).

 

Surnommée la Vigneronne, la cloche pesait 900 kg et resta pendant une cinquantaine d’années dans le clocher de la cathédrale d’Autun, avant d’être refondue en même temps que deux autres sous l’épiscopat de Mgr de Marguerye [Mémoires de la Société Eduenne, tome 7, 1878, p. 280].

 

LA CHAPELLE DE BOUHY

 

 

 

 

Comme on l’a vu, il existe une chapelle au village même de Bouhy. Selon Courtépée, elle était dédiée à saint Pierre ; elle est voisine d’une ancienne maison-forte et semble donc être une ancienne chapelle castrale ; cette maison-forte a probablement succédé à un domaine gallo-romain : des tombeaux de grès, une mosaïque et un bas-relief ont été signalés dans les parages immédiats ; ce dernier, représentant trois personnages sculptés dans un pilier qui paraît être un ancien piédroit de porte, est aujourd’hui visible dans le mur extérieur (côté nord) de la sacristie de l’église paroissiale. La maison-forte porte aujourd’hui le nom de « Château Sarrien » pour être entré à la fin du 19e siècle dans la famille de l’ancien Président du Conseil de la Troisième République, Ferdinand Sarrien, originaire de Bourbon-Lancy.

 

Un manuscrit daté de 1724, donne une description de l’édifice à cette époque : « La chapelle rurale de Bouhy hameau de S. Maurice eglise succursale de Couches non fondée, séparée de tout batiment sans chapiteau [porche]  ny avance, bien caronnée [carrelée] et blanchie. Les murs et couverts en bon etat une cloche pour avertir les peuples ; pourveue de marbre calice missel canon benitier aubes linges necessaires deux ornements l’un neuf pouvant servir a plusieurs couleurs l’autre noir. Le missel est bien petit. Les images décentes » [J. Descréaux. Etat des chapelles rurales et domestiques de l’archiprêtré de Couches. Mémoires de la Société Eduenne, 1980-1982,  tome 54, p. 129]. Le 24 juin 1781 un marché avait été passé entre les habitants de la communauté de Bouhy et J.B. Lefort, fondeur de cloches à Dijon, pour la refonte de la cloche de Bouhy, [Archives de la Société Eduenne. Série I : Saint-Maurice-les-Couches].

 

Jusqu’à la construction de l’église actuelle (1863), la chapelle de Bouhy resta le principal lieu de culte de la commune par suite de l’abandon de la vieille église Saint-Maurice sur la colline. Après cette date, son destin devient incertain car la municipalité envisage sa vente à plusieurs reprises ; en 1865, considérant qu’il ne convenait pas qu’un lieu de culte fût consacré à un usage profane, Mgr de Marguerye fit savoir que la commune pouvait être autorisée à aliéner la chapelle, à condition que celle-ci fût démolie.

 

Deux ans plus tard, la commune n’ayant pas de local disponible pour installer son école de filles, décide d’affecter la chapelle de Bouhy à cet usage, décision bien accueillie par l’évêque : « J’accède bien volontiers à un désir qui ne sécularise pas complètement l’édifice et j’autorise la Fabrique à s’entendre pour cela avec le conseil municipal. » [Lettre de l’évêque au préfet, 10 décembre 1867] : allusion au caractère religieux des programmes scolaires de cette époque, sans doute, puisque la municipalité s’était prononcée en faveur d’un personnel enseignant laïc (délibération du Conseil municipal, 9 mai 1867) ; l’autorité académique se montre plus réservée, et ne consent à cette installation qu’à la condition qu’elle soit provisoire. Un rapport de l’inspecteur primaire donne une idée des travaux d’appropriation qui sont entrepris pour la nouvelle affectation de l’édifice : «  On construit un galandage pour séparer l’école du chœur de cette chapelle et on remplace la grande porte d’entrée par une fenêtre et une porte vitrée. Il y aura alors une salle de classe ayant 8 mètres de long sur 4 mètres de largeur, éclairée par une grande fenêtre, une porte vitrée et deux autres petites fenêtres. Le nombre de filles qui fréquentent actuellement l’école étant de 31, cette salle sera suffisante et convenable pour un provisoire. » [Rapport du 21 janvier 1868].

 

Après la construction de l’actuelle mairie-école (1875), la commune n’a plus besoin de la chapelle et décide à nouveau son aliénation du patrimoine communal ; l’évêché exige toujours la démolition ; l’édifice estimé à 500 F n’ayant pas trouvé preneur, il est décidé de faire un seul lot avec le bâtiment de l’ancienne école de garçons (maison Gadant), avec mise à prix de 6 000 F ; seule la maison d’école désaffectée sera vendue, puisque le 13 avril 1878 une nouvelle délibération maintient la décision de vendre la chapelle, estimée à 742 F, sans clause de démolition ; en attendant, M. Ripotot, vigneron, est autorisé à y entreposer ses fûts ; par délibération du Conseil municipal du 16 novembre 1880, la croix du clocheton, qui est tombée, est remise à J.G. Bulliot moyennant 20 F ; un an plus tard, à défaut d’acquéreur, la chapelle est louée moyennant un loyer annuel de 15,50 F (délibération du 10 novembre 1881) : un bail est passé au bénéfice de M. Candiard ; la même session du Conseil décide la démolition du clocher en bois « afin de lui enlever son caractère religieux. »

 

La non-conservation du registre des délibérations postérieur à 1883 ne permet pas de déterminer à quelle date la chapelle est sortie du patrimoine communal ; il semble qu’elle ait été acquise par M. Germain Périer (1847-1916), député-maire d’Autun, devenu propriétaire de l’ancienne maison-forte contiguë à la chapelle ; c’est à lui sans doute que l’on doit la restauration qui, malgré toutes les vicissitudes évoquées, a conservé un chœur de style néo-gothique flamboyant ; elle est recouverte de peintures murales datées de 1895 (millésime figurant sur une bouteille peinte). Par alliance, la propriété est passée ensuite dans la famille Sarrien. Le petit clocher-arcade actuel date de 1960 ; il n’a pas conservé la cloche d’origine qui était cassée et ne pouvait plus « remplir ses fonctions d’appel aux offices religieux et de tocsin en cas d’incendie » [Délibérations du Conseil municipal à ce sujet en 1854, 1858 et 1859] ; elle dut être refondue, pour être replacée dans le clocher de la nouvelle église.

 

L’EGLISE PAROISSIALE SAINT-MAURICE

 

Au milieu du 19e siècle, est venu s’ajouter un troisième édifice dont l’origine et certains caractères architecturaux sont assez singuliers. Le 14 septembre 1863, le préfet autorisait la commune à accepter la donation d’un terrain de 17 ares appelé la Vigne Ballard, dont la valeur était estimée à 684 F le mètre-carré par Laly, géomètre à Cheilly (acte reçu chez Me  Rérolle, notaire à Couches, le 3 juillet 1863) ; les donateurs s’appellent Jean-Marie Bulliot et Marie Grenot propriétaires au hameau de Marchef, parents de Jacques-Gabriel Bulliot (1817-1902), célèbre archéologue autunois « découvreur » de Bibracte ; le père de Bulliot avait adjoint à son métier initial de tonnelier celui de vigneron, en épousant l’héritière d’un domaine viticole à Marchef, puis la profession de négociant en vins à Autun ; J.G. Bulliot poursuivra l’exploitation de ce domaine de 8 hectares.

 

L’originalité de la donation tient au fait que, sur le terrain qui en est l’objet, s’élève la construction de la nouvelle église, érigée au frais des donateurs ; par sa délibération du 10 mai 1863, le Conseil municipal avait accepté la donation et la clause posée par J.G. Bulliot : « […]en considération de la somme consacrée par sa famille à la construction de la dite église et du terrain qu’elle abandonne, [il] se réserve que, de son vivant, aucun changement, soit dans la construction, soit dans l’ornementation et l’ameublement de l’église ne puisse être fait sans son consentement. » A l’occasion de travaux complémentaires, réalisés dix ans plus tard, la clause fut sans doute respectée, car aucune contestation n’est alors soulevée ; la commune était débitrice d’une somme de mille francs avancée par Bulliot ; on ne sait si la commune s’est acquittée de sa dette, car en 1880 la question d’une « indemnité compensatrice » relative à l’église revient à l’ordre du jour à propos de l’acquisition de la cloche de Bouhy (délibération du 16 novembre 1880). L’église de Saint-Maurice fut érigée en succursale de la paroisse de Couches en 1864 [Abbé Péquegnot, Notice historique sur Couches, 1874] ; la voie qui conduit de l’église au hameau de Marchef porte le nom de rue Gabriel, en souvenir de l’archéologue.

 

 

UN MUSEE D’ART RELIGIEUX

 

En 1846, J.G. Bulliot, passionné d’art et d’archéologie, avait acquis les chapiteaux du prieuré de Thil-sur-Arroux, dépendance de l’abbaye Saint-Martin d’Autun à l’histoire de laquelle travaillait l’érudit autunois ; cette année-là, il en donnait une esquisse devant ses confrères de la Société Eduenne, avant la publication, trois ans plus tard, de son premier essai historique sur le sujet. Lieu déjà cité au 7e siècle, Thil est mentionné en 885 dans une charte de l’abbaye, puis une nouvelle foi en 924 [Bulliot J.G. Essai historique sur l’abbaye Saint-Martin d’Autun, 1849, tome 2, p. 15, charte n° 146 ; p. 25, charte n° 10] ; il ne reste rien de l’église romane, sur le site du Vieux-Bourg de Thil, occupé par un château de style néo-gothique ; ses matériaux ont été réutilisés pour la construction de l’église de la paroisse voisine de Saint-Didier-sur-Arroux [Archives de la Société Eduenne, M 55].

 

Mais revenons à l’église de Saint-Maurice-les-Couches, composée d’une nef d’un seul vaisseau voûté en plein-cintre avec doubleaux, que prolongent, à l’ouest, un chœur terminé par une abside en cul-de-four, et à l’est  une sorte de narthex : église donc non orientée selon la tradition ; le mur-pignon, tourné vers le village de Bouhy, est couronné d’un clocher-arcade. Les plans de l’édifice sont l’œuvre de Jean Roidot, auteur d’un nombre considérable d’églises en Autunois, qui a par ailleurs dirigé le chantier de la restauration de la cathédrale d’Autun sous la direction de Viollet-le-Duc.

 

En partant de l’arc triomphal qui sépare la nef du chœur, les huit chapiteaux provenant de l’église de Thil couronnent les quatre premiers supports (colonnes ou piliers quadrangulaires) qui, contre les murs nord et sud de la nef, soutiennent la voûte ; les deux chapiteaux situés aux angles de ces murs goutterots ont été coupés pour être ajustés à cet endroit. La sculpture de ces chapiteaux a fait l’objet d’une étude de Jens Reiche dans le Bulletin monumental n° 158 ; pour résumer, on dira que le décor sculpté se distingue par sa forme et sa composition : la forme est définie comme un épannelage en volume cubique pénétré d’un tronc de cône ; la composition décorative se divise en deux zones, une collerette végétale au registre inférieur, des animaux affrontés, des protomes humains ou des masques au registre supérieur ; il y a enfin une série végétale de type "corinthisant ?, ou de feuilles disposées en quinconce ; tous ces types identifiables à Saint-Maurice peuvent être rattachés à un courant artistique repérable dans une vingtaine d’églises de la région, notamment en Charolais, Clunysois, Mâconnais, Beaujolais ; en Autunois, la facture des feuilles, des palmettes, des volutes et des masques présente une grande affinité avec le décor sculpté de l’église Saint-Jacques d’Issy-l’Evêque ; d’autres rapprochements peuvent être faits avec certains chapiteaux de Tournus et Mont-Saint-Vincent ; selon E. Vergnolle, c’est peut-être autour de l’atelier d’Anzy-le-Duc que se situerait l’origine de ces séries : les chapiteaux de Saint-Maurice pourraient être en conséquence l’écho au 12e siècle des grands chantiers d’Anzy, Charlieu et Vézelay.

 

Les autres chapiteaux de la nef et du portail sont contemporains de la construction de l’église de Saint-Maurice au 19e siècle, et sont dus au ciseau du sculpteur autunois Bouley, de même que le tympan représentant un Christ en majesté entouré des symboles des Quatre Evangélistes, inspiré de celui d’un ancien tympan, la cathédrale Saint-Bénigne de Dijon, conservé au musée archéologique de la ville, et dont on retrouve un modèle proche au portail méridional de l’église de Thil-Châtel (Côte-d’Or). Le même thème est reproduit sur la fresque du chœur ; les peintures actuelles, dues au pinceau de Mme Marinette Valls, se substituent à l’œuvre disparue que Bulliot avait commandée à François-Benjamin Allois (1815-1880), directeur de l’école municipale de dessin à Autun, élève d’Ingres, et dessinateur attitré de l’archéologue ; on lui doit notamment un relevé de l’ancienne église de Thil et de ses chapiteaux, dessins aujourd’hui conservés dans les archives de la Société Eduenne.

 

Le registre des délibérations du Conseil municipal porte en annexe la liste des souscripteurs pour la refonte de la cloche, datée du 16 juin 1861. Cette cloche, qui provient selon toute vraisemblance de la chapelle de Bouhy, fut refondue à Lyon dans les établissements Juillet et semble avoir été replacée dans le clocher-arcade de la nouvelle église. L’absence de registre de la Fabrique ne permet ni de dater exactement l’évènement, ni d’identifier le nom des parrain et marraine.

 

Collectionneur d’œuvres d’art, J.G. Bulliot n’a pas manqué de doter l’église de Saint-Maurice de quelques pièces de mobilier dignes d’intérêt. Parmi celles-ci, on peut retenir la copie d’un baptistère roman, de provenance inconnue, faisant partie des collections du musée Rolin, ainsi qu’une copie en réduction de la célèbre Vierge d’Autun, dite « Vierge Bulliot », sculpture du 15e siècle, « oeuvre d’une pure beauté de ligne et d’expression unissant la pureté de la Vierge et la tendresse de la mère » ; la statue monumentale de saint Maurice, bois peint de style classique, fait aussi partie des collections Bulliot ; le décès de Marie-Thérèse Bulliot, sœur de l’archéologue, le 25 décembre 1870, fut marqué par le don de deux reliquaires. Cependant, l’autel principal provient d’un don de Mgr Landriot, archevêque de Reims, originaire de la paroisse de Couches, ami de jeunesse de Bulliot, et dont la famille possédait aussi un domaine au hameau de Marchef.

 

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Moderne et modeste, l’église de Saint-Maurice-les-Couches est faite de moellons en calcaire doré pour les parements, et de grès clair pour les éléments en appareil régulier, notamment le portail : rien ne sied davantage que ce raccourci géologique pour ce monument situé aux confins des coteaux calcaires du Couchois et des plateaux gréseux de l’Autunois, entaillés de gorges où réapparaît le socle cristallin filtrant l’eau des deux Vielles de Couches et de Dracy qui s’écoulent vers leur destin méditerranéen.

 

 

« Que saint Maurice ait ici un séjour agréable… », proclame l’inscription au grand linteau du portail. Si la mémoire civique de J.G. Bulliot est justement honorée à Autun où, comme conseiller municipal et président de la Société Eduenne, il a pris une part active à la sauvegarde du patrimoine de la cité et où ses collections sont à l’origine du musée Rolin ; si la mémoire scientifique de Bulliot est légitimement saluée et commémorée au sommet du mont Beuvray, auquel il a consacré d’infatigables campagnes de fouilles pendant près de trente ans, il paraît indiscutable de considérer que la mémoire spirituelle de « l’archéologue-poète-vigneron » ne saurait être ailleurs que dans cette simple église de Saint-Maurice-les-Couches, consacrée à l’officier et martyr d’Agaune en Valais, patron des soldats et protecteur des vignerons.

 

 

BIBLIOGRAPHIE

 

ARCHIVES DEPARTEMENTALES DE SAÔNE-ET-LOIRE. Série O : écoles ; églises : O 1936-1937 ; série V : cultes, V 256 ; autres cotes indiquées dans le texte.

 

ARCHIVES DE LA SOCIETE EDUENNE. Références données dans le texte, notamment : BOELL C. Les paroisses rurales de l’arrondissement d’Autun, dossier manuscrit, M 55.

 

REICHE J. Les chapiteaux de Thil-sur-Arroux retrouvés. Bulletin monumental, 2000, n° 158, p. 109-117.

 

STRASBERG A. Les passions selon Bulliot. Autun, Musée Rolin, 2002.

 

VERGNOLLE E. Recherche sur quelques séries de chapiteaux romans bourguignons. L’information de l’histoire de l’art. 1975, n° 2.

 

 

 

Remerciements à Mme Dechavanne, Mrs D. Contant, R. Dessendre et A. Strasberg.

 

 

                                       

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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