LE CHEMIN DE COUCHES A LA CHARBONNIERE FIN 18e S  

 

LE RESEAU ROUTIER DANS LE SUD DE L’AUTUNOIS A LA FIN DU 18e SIECLE

 

 

3. LES ROUTES DE TROISIEME ET QUATRIEME CLASSES 

 

3.7 Chemin de Couches à La Charbonnière.

 

Histoire

Il s’agit de l’embranchement est qui devait desservir la Charbonnière et la Fonderie royale à partir de l’axe Couches-Montcenis, notamment faciliter l’acheminement du minerai de Chalencey ; ce chemin a été ordonné en 1778 : les piquets étaient plantés, mais l’usage voulait qu’on attendît six mois pour débuter les travaux ; Jean-François Desgranges, l’un des administrateurs de la Compagnie du Creusot, supplie alors les Elus généraux « de bien vouloir ordonner que le chemin de jonction [soit] ouvert et continué sans aucun délai avec le plus grand nombre de travailleurs, afin de mettre sa Compagnie dans le cas de pouvoir faire au plus tôt ses transports sans lesquels cette entreprise immense deviendrait absolument ruineuse et illusoire. » [A.D.C.O. C 3231], ce qui lui fut accordé le 25 avril 1778.

Tracé

Le chemin fut tracé à partir de la route de Couches à Montcenis selon un axe rectiligne, depuis le lieu-dit « Croix Meney », paroisse du Breuil, en reprenant une partie du vieux chemin « tendant du Noux [Nom] au Breuil et à Couches » figuré au plan-terrier de Torcy (18e s.), et mentionné dans les terriers de Chanliau (1480) et de Montcenis (1511). Sur les plans du 18e siècle évoqués plus haut, il se divise en deux branches au lieu-dit Le Guide : l’un vers la Fonderie royale (plaine des Riaux), l’autre vers la Verrerie, avant de rejoindre l’embranchement ouest (vers Montcenis) aux Alouettes. Là, il côtoyait les « casernes ouvrières » alignées le long de l’actuelle rue Jean Jaurès, près du carrefour de la place Bozu : à ce niveau, il coupait le vieux chemin de la Charbonnière au hameau de la Chèze (rue de Longwy et de la Verrerie). Sur la carte de 1789, le chemin de Couches à la Charbonnière est entièrement empierré.

Voirie moderne.

L’embranchement décrit ci-dessus est bien conservé dans la voirie actuelle du Creusot : rue Maréchal Foch, partie inférieure de la rue du Guide, rue Jean Jaurès. Ces rues couvrent, rappelons-le, le tracé de la D 984 dont le tracé intégral est évoqué ailleurs [3.5], toujours axe majeur de la ville qui suit le promontoire où se sont établis le site de la Verrerie et le cœur du Creusot des 19e et 20e siècles (place Schneider, quartiers Saint-Laurent et du Guide). Seuls les bombardements de la Seconde Guerre et la reconstruction ont remodelé la voirie du secteur (tracé de la rue Général Leclerc). 

 

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