LE CHEMIN DE LA CHARBONNIERE A MONTCENIS FIN 18e S  

 

LE RESEAU ROUTIER DANS LE SUD DE L’AUTUNOIS A LA FIN DU 18e SIECLE

 

 

3. LES ROUTES DE TROISIEME ET QUATRIEME CLASSES 

 

3.6. Chemin de La Charbonnière à Montcenis.

 

Histoire et tracé.

Dès 1769, les Elus généraux ont ordonné le tracé d’un chemin entre Montcenis et la « charbonnière » dont le site occupait le fond de la Combe des Riaux, aujourd’hui quartier nord-ouest du Creusot. L’année suivante voit en effet l’ingénieur Gauthey planter les piquets « pour donner à ce chemin 20 pieds de largeur seulement non compris les fossés. » ; le croquis conservé montre qu’il rectifie en partie un chemin existant ; puis « on côtoie une montagne trop rapide où il a fallu faire trois tournants pour rendre le chemin praticable. La longueur totale de ce chemin depuis le clos des Religieuses [Ursulines] de Montcenis jusqu’à l’entrée de la mine est de 1 450 toises. » [A.D.C.O. C 4363].

En 1784, le chemin, très accidenté, reste incertain, comme le prouve une délibération des Elus (26 janvier 1782) suite à un mémoire de M. de Wendel administrateur de la Fonderie royale du Creusot, en tout cas inapproprié au passage des "machines à feu" (à vapeur) nécessaires à l'établissement [A.D.C.O. C 323].Il suffit de voir les vestiges de ce chemin, à travers le bois des Crots, en contrebas de l’actuelle rue du Moulin Miroir, pour se convaincre de son impraticabilité, malgré les lacets qui permettent de modérer la déclivité. Cependant, le tableau des routes de 1784 prévoyait bien que la route n° 43 de Montcenis à Couches soit complétée de deux embranchements pour la desserte de la Charbonnière, l’un à l’est, l’autre à l’ouest : il ne restait donc plus qu’à trouver un autre tracé que celui de 1770.

L’esquisse en apparaît pour la première fois dans le « Plan général de la vallée de la Charbonnière près Montcenis » dressé par l’ingénieur Pierre Toufaire le 13 décembre 1781 [Copie conservée dans les archives de l’Académie F. Bourdon]. Le tracé de ce chemin figure dans les premiers levés topographiques connus pour Le Creusot : « Plan de la municipalité du Creuzot » [A.D.S.L. 1L 8 42/5 s.d. vers 1790] et « Plan topographique de l’etablissement du Creuzot » dressé par l’ingénieur Poirson [A.D.SL. 1Fi 19/6 s.d. > 1787]. À partir du Moulin-Miroir où passe le chemin de Gauthey, la nouvelle route contourne le bois des Crots par la Chaume, au pied de laquelle elle se divise en trois branches : l’une vers la Charbonnière (Les Riaux), l’autre vers la Fonderie royale et le village du Creusot (plaine des Riaux), la troisième se joignant à l’embranchement de la route de Couches par Le Guide et la Verrerie au lieu-dit Les Alouettes.

 

Plan de la municipalité du Creuzot (s.d. vers 1790) [A.D.S.L. 1L 8 42/5]

En fait, ce tracé emprunte à La Chaume l’ancien chemin de Marmagne à Torcy par La Couronne, tel qu’il apparaît au plan-terrier de Torcy du 18e s. [A.D.C.O. E 2124], ou cité dans le terrier de Montcenis comme « chemin d’Ostun à Saint Gengoul » [A.D.CO. B 1262] ; sur le cadastre de 1835, il est dit « chemin ferré de Montcenis au Creuzot », expression parfaitement justifiée par le fait qu’il figure comme empierré sur la carte de 1789.

Elle a conservé une partie de cette route : rue Lavoisier (parties inférieure et supérieure) et rue du Moulin Miroir ; les marcheurs emprunteront avec intérêt le chemin du Moulin Miroir à Montcenis : taillé dans le rocher où se lisent parfois les retouches au pic, c’est l’un des plus beaux du pays à flanc de la montagne des Hauts de Baudot (517 m), face à un immense panorama, dans un décor de landes à genêts et à bruyères. Le chemin de Gauthey attend la mise en valeur patrimoniale du bois des Crots, ancien site minier symbolique des origines du Creusot industriel moderne. Quant au vieux chemin d’Autun à Saint-Gengoux par Marmagne et Torcy, il se prolonge au nord du col de la Croix du Lot vers La Collonge, et au sud par La Couronne vers Les Quatre Chemins (rues de Nevers et Saint-Eugène). La D 28 en est la traduction actuelle par Vaumartin, la route de Marmagne et la rue Edith Cavell.

 

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